Vers une maison épurée⎬être organisé ou avoir moins ?

« You don't need more space. You need less stuff. »
ilaria fatone - minimal home - quote
Qui ne s'est jamais considéré trop bordélique (pour vivre dans un environnement épuré) ? Qui ne s'est jamais dit qu'il avait besoin d'une autre boîte, d'un autre meuble (pour ranger ce qui trainait dans la pièce) ? Qui n'a pas eu un regard sans espoir en jetant un coup d'oeil au bureau couvert de papiers (au point de ne plus voir la couleur du plateau) ? 
Personne ne naît « minimaliste », mais il y a toujours un début pour tout et j'ai envie de croire que n'importe qui peut y arriver, indépendamment de son niveau de chaos à la maison, de son manque de temps, de sa méfiance vers les intérieurs épurés, etc. Il y a un moment dans la vie de chacun où on a besoin de changement, on a envie de renouveau. 
Mais le but ultime n'est pas de vivre dans un appartement sans âme, aux surfaces vides et sans histoire. On a tous des objets qu'on aime plus que d'autres, des objets qui nous rappellent des souvenirs qui nous font du bien. Mais comment les mettre en valeur ? Comment les redécouvrir derrière la multitude de choses inutiles qu'on entasse à travers les années? 
Le but c'est d'y voir clair, de retrouver une certaine sérénité dans son espace de vie et surtout de l'espace, du véritable espace, parmi ses quatre murs. Vous me suivez ?

ÊTRE ORGANISÉ

Vous vous êtes déjà demandé combien de temps vous passez à ranger chez vous? Combien de fois vous déplacez les objets d'une pièce à l'autre? Un jour j'ai réalisé que je passais la plus grande partie de mon temps à la maison à ramener les jouets des enfants dans leur chambre, à faire de la place sur la table avant de manger, à empiler les papiers sur le bureau, à déplacer les affaires des chaises pour s'asseoir. Je passais ma vie « à mettre de l'ordre » dans ma maison. C'était en 2009. Juste avant qu'on déménage dans un appartement deux fois plus grand, avec la moitié de nos affaires.  

J'ai toujours eu une addiction aux boîtes. Je les achetais vides, de formes et couleurs différentes. Et je les remplissait toutes, sans exception, assez rapidement. Et je faisais pareil avec n'importe quel contenant (meuble, grand ou petit; surface plane). J'ai toujours été organisée. Je savais, plus ou moins, où chaque chose était rangée, ou pour le moins j'en étais persuadée. Car, à chaque fois que j'avais besoin de quelque chose, il fallait fouiller, ouvrir les boîtes et les tiroirs, etc ... Et malgré mon semblant d'organisation, les placards étaient tout de même replis à craquer. 

Mais si tout était caché derrière des portes ou enfoui dans des tiroirs, pourquoi cette envie de  
« vider » ? Justement. J'avais envie d'arrêter de passer mon temps à mettre des choses dans des boîtes, d'arrêter de mettre de l'ordre!

Et c'est là que la phase B a commencé ...

AVOIR MOINS

Mais par où commencer? Les techniques sont nombreuses, certaines culturellement trop loin de nous (et je pense notamment à certaines suggestions de Marie Kondo!). Je les ai testé, les unes après les autres, à des moments différents, et au final voici ce qui a marché pour moi. 

Avant de démarrer il faut essayer d'avoir des réponses à des questions essentielles. La démarche n'est pas compliquée en soi, mais ça va prendre du temps, et si derrière il n'y a pas une véritable motivation, un but proprement dit, le risque c'est d'abandonner avant même d'avoir commencé.

✓ Pourquoi je veux faire ça ?
✓ Qu'est-ce que je veux obtenir en me séparant de la plupart de mes objets ?

On n'a peut-être pas des réponses précises tout de suite, mais on peut commencer par un petit test et observer si ce changement nous fait du bien, si ce changement nous apporte quelque chose. 

choisissez une catégorie de produits (idéalement quelque chose de petit pour voir les résultats rapidement et ne pas vous décourager) ... produits de beauté? produits de ménage? vases? linge de maison (serviettes de bain ou draps)? ... 

 regroupez tous les produits de la même catégorie ensemble

 sortez les objets des étuis, des boîtes, manipulez-le, le regard tout seul ne sera pas suffisant pour évaluer votre attachement à chaque objet

 imaginez trois emplacements pour placer les objets que vous devez trier
 « à garder »
 « à déplacer » (l'objet en question appartient peut-être à une autre pièce, à un autre usage)
 « à écarter » 

 pour chaque objet, posez-vous les questions suivantes :
 je l'utilise régulièrement ?
 j'ai envie de le garder ? 
 j'en ai réellement besoin ? 
(pour certaines catégories d'objets, comme les petits électroménager qu'on utilise rarement, on peut envisager un partage avec les voisins ou amis proches ... )
 est-ce que j'ai des doublons ? 
(dans ce cas, ne gardez que les produits de meilleure qualité ... pour des draps de maison, deux séries de draps pour chaque lit suffisent; pour les serviettes, on en garde deux de chaque type par personne; pour le maquillage, le dernier produit acheté pourrait être celui qui vaut mieux garder)

ne vous laissez pas prendre au jeu du « au cas où » ... si vous ne l'utilisez pas maintenant ou vous ne l'avez pas utilisé pendant longtemps, ça ne vous servira probablement jamais. Si vous êtes une personne créative et manuelle, et vous estimez que certaines choses serviront pour vos créations, dédiez un espace à cette « accumulation créative », ça sera un meuble, des tiroirs, mais pas plus pour le moment. 

☐ pour chaque objet à trier, il y a plusieurs possibilités. 
✓ vous le gardez 
→ il retrouve sa place dans le placard ou tiroir
✓ vous ne le gardez pas 
→ il est encore en bon état 
     → vous pouvez le vendre sur internet (leboncoin par exemple)
     → vous pouvez le donner aux associations caritatives (Emmaus ou d'autres)
     → vous pouvez le donner à des amis qui en auraient besoin
→ il est cassé/abîmé → déchetterie ou poubelle (selon la nature de l'objet)

ÊTRE ORGANISÉ ou AVOIR MOINS ?

« For the longest time I thought I needed to be more organized. 
Now I know I just need to have less things » Alysa Bajenaru
Vous avez réussi à faire le premier pas. Si l'expérience est positive, avancez vers d'autres catégories, de plus en plus grandes (manteaux?, chaussures? livres? jouets? ...). Petit à petit les surfaces se libèrent, les sacs des choses à donner se remplissent, les cartons pour la déchetterie aussi. 

En réduisant les objets qui encombrent nos maisons, nous faisons de la place. À force de réduire, certaines surfaces ou contenants n'auront plus d'utilité. Ça sera le moment de décider si on les garde tout de même ou si on s'en débarrasse. Petit à petit, l'espace s'ouvre et, sans pousser les murs, vous ajoutez des m2 précieux à votre lieu de vie. Ça veut la peine d'essayer, qu'en pensez-vous?

Le but de ce changement c'est qu'il soit durable, qu'on arrive à réduire le temps qu'on passe à ranger pour faire ce qu'on aime le plus, qu'on se sente mieux dans notre espace de vie (ou de travail), qu'on arrive à utiliser l'argent qu'on aurait dépensé en achats compulsifs (et souvent inutiles) dans autre chose. 

Mais je vous l'explique dans le prochain article pour « une maison épurée » ...


source 1. + 2. + 3. + 4. (graphic with quotes by ilaria fatone)

{ Depuis 4 ans, j'organise des « Ateliers Minimalistes ». Apprendre à vivre mieux avec moins, apprendre à se débarrasser de ce qui encombre notre espace, et se sentir mieux dans un environnement qui ne contient que les choses qu'on aime. 
Au début, il fallait expliquer de quoi les Ateliers parlaient, c'était un sujet encore peu connu, en tout cas en France. Marie Kondo avait déjà écrit son Manuel du Rangement, mais n'ayant pas eu une série sur Netflix, elle était encore en partie méconnue ;-) Aujourd'hui le sujet des Ateliers Minimalistes semble clair. Les sensibilités ont évolué et, ce qui apparaissait comme un sujet lié uniquement à la maison, a pris une ampleur globale. Apprendre à « vivre mieux avec moins », c’est aussi apprendre à consommer différemment, moins et plus responsable. Mais surtout à « être mieux ».
Vous êtes nombreux à m'écrire que vous ne pouvez pas venir aux Ateliers car vous n'habitez pas à Aix en Provence ou tout simplement car c'est trop compliqué. J'ai décidé de venir donc vers vous. Avec des articles qui reprennent des sujets échangés lors des Ateliers, pour que puissiez mettre en place le changement, à votre rythme }

🇬🇧 I do apologize with my English readers for not having translated this article in English, you can find an earlier version here. I'll soon take care of it and share it in our next Editorial
2012-2019 ©ilaria fatone Design by pipdig