Vers une maison épurée : être organisé ou avoir moins ?

Qui ne s'est jamais considéré trop bordélique pour envisager un intérieur épuré ? Qui ne s'est jamais dit qu'il avait besoin d'une autre boîte, d'un autre meuble pour ranger ce qui traînait ? Qui n'a pas jeté un regard sans espoir sur un bureau couvert de papiers, au point de ne plus voir la couleur du plateau ?

Personne ne naît minimaliste. Mais il y a toujours un début pour tout — et j'ai envie de croire que n'importe qui peut y arriver, indépendamment de son niveau de chaos, de son manque de temps ou de sa méfiance envers les intérieurs épurés. Le but n'est pas de vivre dans un appartement sans âme, aux surfaces vides et sans histoire. On a tous des objets qu'on aime, qui nous rappellent des souvenirs qui nous font du bien. La question, c'est comment les mettre en valeur — et comment les redécouvrir derrière la multitude de choses inutiles accumulées au fil des années.

Vous me suivez ?

Être organisé

Vous vous êtes déjà demandé combien de temps vous passez à ranger ? Combien de fois vous déplacez les mêmes objets d'une pièce à l'autre ?

Un jour j'ai réalisé que je passais la plus grande partie de mon temps à la maison à ramener les jouets dans la chambre des enfants, à faire de la place sur la table avant de manger, à empiler les papiers sur le bureau, à déplacer les affaires des chaises pour pouvoir s'asseoir. Je passais ma vie à mettre de l'ordre. C'était en 2009 — juste avant que l'on déménage dans un appartement deux fois plus grand, avec la moitié de nos affaires.

J'ai toujours eu une addiction aux boîtes. Je les achetais vides, de formes et couleurs différentes, et je les remplissais toutes, sans exception. Pareil avec n'importe quel contenant — meuble, tiroir, surface plane. J'étais organisée. Je savais, plus ou moins, où chaque chose était rangée. Sauf qu'à chaque fois que j'avais besoin de quelque chose, il fallait fouiller, ouvrir, chercher. Et malgré ce semblant d'organisation, les placards étaient pleins à craquer.

Tout était caché derrière des portes ou enfoui dans des tiroirs — et pourtant cette envie de vider était là. J'avais envie d'arrêter de passer mon temps à mettre des choses dans des boîtes. D'arrêter de mettre de l'ordre.

C'est là que la phase B a commencé.

Avoir moins

Par où commencer ? Les techniques sont nombreuses, certaines culturellement trop éloignées de nous. Je les ai testées, les unes après les autres, et voici ce qui a fonctionné pour moi. Avant de démarrer, il faut répondre à deux questions essentielles. La démarche n'est pas compliquée en soi, mais elle prend du temps — et sans une vraie motivation, le risque est d'abandonner avant même d'avoir commencé.

Pourquoi je veux faire ça ?Qu'est-ce que je veux obtenir en me séparant de la plupart de mes objets ?

On n'a pas forcément de réponses précises tout de suite. On peut commencer par un petit test et observer si ce changement nous fait du bien.

☐ Choisissez une catégorie de produits — idéalement quelque chose de petit pour voir les résultats rapidement : produits de beauté, produits ménagers, vases, linge de maison...
☐ Regroupez tous les objets de cette catégorie ensemble.
☐ Sortez-les de leurs étuis et boîtes — le regard seul ne suffit pas pour évaluer votre attachement à chaque objet.
☐ Créez trois emplacements : à garder / à déplacer / à écarter.
☐ Pour chaque objet, posez-vous trois questions : je l'utilise régulièrement ? J'ai envie de le garder ? J'en ai réellement besoin ?
☐ Ne vous laissez pas piéger par le "au cas où". Si vous ne l'utilisez pas maintenant et ne l'avez pas utilisé depuis longtemps, il ne vous servira probablement jamais. Si vous êtes créatif et manuel, dédiez un espace limité à cette accumulation — un meuble, des tiroirs, mais pas plus.
☐ Pour chaque objet à écarter : s'il est en bon état, vendez-le ou donnez-le. S'il est abîmé, direction la déchetterie.

Être organisé ou avoir moins ?

Si l'expérience est positive, avancez vers d'autres catégories, de plus en plus grandes. Petit à petit les surfaces se libèrent, l'espace s'ouvre — et sans pousser les murs, vous gagnez des mètres carrés précieux dans votre lieu de vie.

Le but de ce changement, c'est qu'il soit durable. Réduire le temps passé à ranger pour faire ce qu'on aime. Se sentir mieux dans son espace. Utiliser l'argent qu'on aurait dépensé en achats compulsifs autrement.

 

Si vous souhaitez aller plus loin, j'explore la différence entre organiser, ranger et véritablement alléger dans l'épisode du podcast : Minimalisme : secrets d'un intérieur organisé.

 
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